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Conversations créatives n° 6 : Milda Bajelytė

Creative Conversations #6: Milda Bajelytė

Il y a une forme de courage discret à se lancer dans quelque chose sans plan précis. Non pas pour atteindre un résultat, mais parce qu'on est attiré par le processus lui-même. Pour Milda Bajelytė , la joaillerie a commencé ainsi : d'un simple désir d'apprendre à créer de ses propres mains.

Aujourd'hui, elle passe ses journées dans un petit atelier à Vilnius, façonnant l'argent en objets empreints d'émotion, de mémoire et de présence. Son travail reflète un rythme de vie plus lent, où le temps n'est pas un ennemi et où l'essentiel de la création réside moins dans le résultat final que dans l'émotion ressentie.

Dans cette conversation, nous avons parlé des débuts, de la beauté du travail lent et du lien invisible entre le créateur et celui qui porte le vêtement.

La naissance d'un artisanat

Comment a débuté votre parcours dans la joaillerie ?
Mon parcours créatif a commencé naturellement, sans trop de planification, il y a environ cinq ans. Un jour, j'ai simplement décidé d'apprendre à fabriquer des bijoux de mes mains. Je me suis inscrite à des cours de bijouterie et j'ai alors compris que c'était une activité que je voulais pratiquer au quotidien, et pas seulement pendant mon temps libre.

À quel moment avez-vous réalisé que la joaillerie deviendrait votre activité principale, et non plus un simple passe-temps ?
Je l'ai compris en découvrant la beauté et la profondeur de cet art. En me familiarisant avec la création de bijoux, en en comprenant véritablement le fonctionnement, j'ai su que je voulais en faire mon quotidien.

Qu’est-ce qui a le plus changé dans votre pensée créative au cours de ces cinq dernières années ?
Je crois que le changement le plus important réside dans ma propre compréhension de la direction que je souhaite prendre. J'ai une vision plus claire de mes objectifs : où je veux aller, ce que je veux créer, les matériaux avec lesquels je veux travailler et le style qui me correspond vraiment.

Définir le rituel du studio

Que signifie avoir son propre petit studio à Vilnius ?
Cela signifie avoir un refuge. Une oasis de créativité et de calme. Un espace où je peux créer, travailler, rencontrer des gens et échanger avec ceux qui s'intéressent à mon travail. C'est un lieu où je peux partager ma vie.

À quoi ressemble votre journée idéale en studio, sans précipitation ?
J'arrive le matin. J'ouvre les volets, j'allume les lumières chaudes et je mets de la musique. La plupart du temps, c'est du jazz. Je prépare du café. Je range l'atelier ; il y a toujours quelque chose à organiser et j'adore ça. Ensuite, je consulte mon carnet, je vérifie ce qui est prévu, je prends une gorgée de café et je me mets au travail.

Vous parlez souvent de routine. Pourquoi est-elle importante pour vous ?
Je suis quelqu'un de routinier. J'ai mon propre rythme quotidien avant d'arriver à l'atelier et une fois sur place. Cela m'aide à me concentrer et à commencer la journée sereinement. Mon rituel matinal est lent et simple : mouvement, arrivée à l'atelier, café, musique. Quand tout se déroule sans accroc, c'est presque toujours une journée créative réussie.

Le lien invisible de la création

Si vous deviez décrire votre travail en quelques mots, que diriez-vous ?
L'argent, et pas seulement les objets en argent. Dans mon travail, comme dans la vie de tous les jours, les personnes, les objets, les émotions, les formes, les sentiments et les expériences se rencontrent. Le lien humain est essentiel pour moi, car il est à l'origine de nombreuses idées et créations.

Quelle part de votre processus est spontanée et quelle part est planifiée ?
90 % est spontané. 10 % est planifié.

Pourquoi le contact humain direct est-il si important pour vous ?
Car le lien donne du sens. J'ai le sentiment que nombre d'idées naissent des rencontres, de l'écoute, du partage. Mon travail existe avec les gens, il n'est pas indépendant d'eux. Voir quelqu'un porter un bijou que j'ai créé est ma plus grande joie. Même si nous ne nous connaissons pas, un lien se tisse déjà. Invisible, mais pourtant bien réel.

Vivre à mon propre rythme

Que signifie pour vous le slow living ?
Il est important pour moi de ne pas me précipiter et de vivre à mon propre rythme. Un rythme qui ne m'oblige pas à courir partout. Dans tous les aspects de ma vie, je privilégie la qualité à la quantité : au travail, dans mes relations, dans mon environnement et même dans les objets que je possède. Vivre ici et maintenant, c'est savourer pleinement l'instant présent et être reconnaissant de ce qui m'entoure.

Comment le slow living se manifeste-t-il dans votre travail créatif ?
J'essaie de faire chaque chose à mon rythme. Se précipiter ne donne jamais les résultats escomptés. Cela signifie ne pas regarder constamment l'heure pendant que je crée ; cela signifie pouvoir prendre du recul, aller me promener et chercher l'inspiration quand j'en ai besoin.

Où trouvez-vous l'inspiration ?
Partout. Parfois, ce sont les rues animées de la ville. Parfois, c'est le silence de la forêt. La nature est généralement ma plus grande source d'inspiration. Chaque fois que je me promène en forêt, je découvre quelque chose qui éveille une pensée ou une émotion. Des formes insolites et étranges m'interpellent et attirent mon attention.

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